Lundi 21 novembre 2011
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Bonsoir tout le monde!
Cela fait presqu'un mois que je suis rentrée d'Inde. Depuis j'ai un peu perdu la notion du temps.
Je voulais écrire un post plus tôt mais le temps passe trop vite. Et c'est comme si j'étais rentrée hier ou avant-hier, sauf
que je n'ai plus le décalage horaire.
C'est un peu difficile d'expliquer l'expérience comme ça mais je vais essayer de vous donner une petite idée.
Le 14 octobre: départ avec 4 des jeunes qui ont participé au projet Global Impact à Barcelone: Laura, Mamadou, Mohit et
Johan.
Nous arrivons à Bhubaneswar le 15 où nous retrouvonsles 5 autres groupes du projet: France, Bulgarie, Népal,
Inde, et Burkina Faso.
Après un accueil extrêmement chaleureux à notre arrivée et plusieurs inaugurations officielles du projet entre le 1er
soir et le lendemain, nous démarrons les ateliers de théâtre forum (variante du théatre de l'opprimé) le 16.
Le théâtre forum, c'est en fait une forme de théâtre qui implique la participation active du public. Les thèmes traités sont
controversés et le public est invité à réagir et proposer des solutions en montant sur scène et prendre la place des acteurs.
Donc nous voilà partis pour 6 jours intensifs d'atelier afin de préparer la représentatation publique du 21 octobre. Les
ateliers sont guidés par une prof de théâtre forum professionnelle: Marie.
Nous nous divisons en 3 groupes d'une dizaine de personnes autour de 3 thèmes différents: l'environnement, l'égalité
homme-femme et la pauvreté (je me mets dans le groupe de la pauvreté).
Les 3 groupes travaillent pour monter une petite scène de 4-5 minutes. Le grand défi étant que une fois sur scène, le
publique peut poser des questions aux acteurs sur leur vie donc il est important de bien définir les personnages et que tout soit cohérant. Les Indiens nous aident à répondre aux questions
culturelles. PAr exemple dans la scène sur la pauvreté nous décidons de mettre en scène une maman avec ses enfants; ils passent devant une école. Les enfants veulent aller à l'école mais la maman
leur dit que ce n'est pas possible, car ils doivent aller mendier au restaurant d'à côté, sinon, il n'y pas d'argent pour manger. Avant de décider cela les Indiens ont du nous éclairer sur la
cohérence de la scène, sur le fonctionnement de l'éducation en Inde,etc.... Parfois tous les indiens n'ont pas forcément la même version, et puis tout le monde à son opinion sur le message à
faire passer et comment le mettre en scène.
Je m'etonne devant tant de passion et d'implication de la part de tous. On est parfois obligés d'interrompre les
débats.
Les ateliers sont ponctués par les temps des repas, les soirées interculturelles, les moments de détentes. En 2 temps 3
mouvements....pof!.... nous avons un groupe solide et dynamique prêt à tout. Tout le monde est ouvert, prêt a partager avec les autres et à apprendre des autres.
Beaucoup d'amitiés se créent...
Certaines amitiés vont un peu plus loin...
Avec le groupe de Barcelone, nous nous soudons encore plus.
Arrive le grand soir.....quel stress!
En plus là-bas nous sommes des stars! Toute la semaine, nous sommes l'objet des caméras, des appareils photos, nous offrons
des conférences de presse, des interviews pour les journaux, la télé,etc...
A part le stress, un brin d'incertitude....notre performance va-t-elle plaire aux indiens? ne seront-ils pas trop timides?
vont-ils oser réagir?
Et bien l'incertitude se dissipe rapidement. C'est tout un succés!! Là aussi nous devons interrompre le débat par
moment....aucune timidité, aucune barrière, pas même la langue. On y va même s'il faut faire une triple traduction: 5 langues sont utilisées lors du forum: Oria (dialecte de l'Orissa);
Hindi; Anglais - prononciation indienne; Anglais - prononciation européenne; et un peu de français.
Une fois le spectacle terminé, c'est l'euphorie. C'est vrai qu'il y a des choses qu'on aurait pu mieux faire mais avec le
peux de temps que nous avions pour préparer, nous sommes contents du résultats.
Le lendemain, nous partons pour 2 jours découvrir un peu les alentours: Le temple de Konark (avec des figures du kamasutra
gravées dans la pierre), l'océan, la ville de Puri, et puis tout simplement être sur la route, voir la circulation, s'arrêter pour acheter de l'eau dans un petit boui boui, avoir chaud, voir
les villages sur le bord de la route et se demander que font les gens toute la journée, qu'est-ce qu'ils pensentet de quoi ils parlent....
Puis viens la fin, les adieux.....comme c'est bizarre après 10 jours intenses de devoir se séparer, sans savoir si on
reverra.....Mais tous nous savons que c'est une expérience que nous n'oublierons pas et c'est ce qui nous fait accepter la séparation, car finallement on reste unis par le souvenir de ces 10
jours vécus ensemble.
Pour finir....voici le lien vers quelques photos
Je vous embrasse!
Marine