Bonsoir à tous,
Nous voici rentrés de Cracovie. Nous avons retrouvé Toulouse avec un soleil radieux ce qui nous change
du petit vent du Nord (une bisette, en quelque sorte) qui nous a accompagnés dans nos découvertes, particulièrement celle de Nowa Huta, magnifique ville industrielle créée par les Soviétiques à la fin des années 50. En effet Cracovie était une ville "intello" et "bourgeoise" qui ne votait pas comme il fallait. Pour la punir, on lui a adjoint un combinat sidérurgique bien polluant et une immense cité ouvrière peuplée d'ouvriers bien pensants (environ 150000). Cela dit, ils n'étaient pas si bien pensants que cela puisqu'ils ont fini par obtenir une église grâce à un dénommé Karol Wojtila qui était alors évêque de Cracovie.
Côté architecture, ce Nowa Huta est l'archétype de ce que l'on peut imaginer de l'architecture soviétique. Evidemment, ce n'est pas "beau" mais c'est très intéressant. Quant à l'église, elle est absolument magnifique. Je ne plaisante pas. Il y a, à l'intérieur, un des plus beaux Christ que j'ai jamais vus.
Sinon, la ville de Cracovie est vraiment très belle. Actuellement, il y a pas mal de travaux pour remettre en valeur les magnifiques monuments et immeubles qui donnent tout son charme à cette ville.
Nous avons vécu une autre expérience, puisque nous sommes allés à Auschwitz et Bikenau. Outre la stupeur face à l'impensable, nous avons ressenti un vif malaise en présence de tous ces groupes, toutes nationalités confondues, qui visitent ce lieu comme s'il s'agissait des chateaux de la Loire. D'où la question : faut-il livrer ce lieu en patûre aux amateurs du récit de voyage et qui diront à leurs potes en rentrant chez eux : "j'ai fait Auschwitz et Birkenau" en montrant les photos qu'ils ont prises d'eux sur les rails si tristement célèbres. Ici, contrairement aux cimetières anglais et américains de Normandie et de Picardie, point de croix qui invitent au recueillement. Uniquement, des baraquements ...Et pourtant, il y a bien le devoir de mémoire ...Et je dois dire que c'est la première fois que j'ai vraiment réalisé l'ampleur de cette organisation de mort.
C'était la méditation du soir. Nous ne regrettons pas d'avoir fait ce chemin, ne serait-ce que pour écouter les questions de Marine et tenter d'y répondre.
Nous vous embrassons tous
Bernadette et Gilles